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Mars 2008
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Le Coup de gueule du Redzipet des Gots
Je ne vous apprendrai rien, l’ouverture est imminente ! C’est curieux cette force qui nous attire le long des ruisseaux à fin février… on est comme aimanté. Alors que je sacrifiais à la tradition dimanche dernier en arpentant les berges de la Venoge, je me suis cassé le nez sur le Redzipet qui chassait le vers de bois.
Alors, Redzi, tu prépares l’ouverture ? Ouais ! j’sais pas encore si j’vais la faire… Je n’ai même pas encore été acheter mon permis. Alors là, tu m’étonnes ! Tu n’as plus le feu sacré ? Tu n’es pas malade au moins ?
Malade ? pas moi mais les rivières, ouais ! Ça me dégoûte ! Voilà tout à coup que tout le monde s’agite comme si la pollution des rivières c’était nouveau. Les écolos ne parlent plus que de ça, les politiques aussi. Paraît qu’il y a des pécébés dans les poissons et que ça les rend impropres à la consommation. Y-z-ont même interdit la pêche dans la Sarine et dans la Birse. Ça c’est la meilleure ! interdire la pêche, c’est plus facile que dépolluer et ça coûte moins cher. Et puis ces journaleux, c’est des hypocrites, y font les pucelles effarouchées mais ils ne pouvaient tout de même pas l’ignorer que nos rivières vont mal ! Y-z-ont bien su faire des articles sur la combine fichenètse des Bourbines. Tiens, la Venoge qui coule là, y a déjà au moins vingt ans qu’on a recommandé aux pêcheurs de ne pas tant manger de ses poissons et de pas les donner aux têtards… comme si on était assez stupide pour faire manger du poisson qui empeste à nos enfants. Les pécébés, y a déjà longtemps qu’on en parle, seulement à l’époque on disait métaux lourds ça faisait moins chimique mais nous, on sait bien d’où ils viennent.
![]() Toutes ces décharges le long des ruisseaux, y avait que les pêcheurs pour s’en inquiéter et personne ne les écoutait. Facile, tu balances le commerce en bas le talus, ni vu ni connu, plouf dans l’eau. Les pires, ce sont ces grandes décharges à proximité des cours d’eau, ouvertes pendant des années à n’importe qui et qu’on a décidé d’un coup de fermer. Comme ça coûtait trop cher aux communes de les assainir, on a tout recouvert de terre et maintenant le poison s’infiltre gentiment dans les eaux de pluie qui finissent à la rivière. On s’est donné bonne conscience avec l’épuration des eaux usées mais on a quand même caché la m…. au chat ! Prends l’exemple de la décharge de Colliare à Penthaz. Soit disant qu’on y mettait que des déchets inertes pour combler la gravière. Y-z-ont dû stopper parce qu’on y mettait n’importe quoi et, en plus, y avait déjà eu une décharge de déchets ménagers bien avant, du temps de l’exploitation de la gravière, dans les années soixante ou septante. Toutes ces saloperies, elles ont pollué la nappe souterraine qui alimente la Venoge. Pas étonnant que la rivière pue comme ça certains jours… |
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